Diesel, le scandale français, documentaire diffusé sur France5 TV
A revoir sur Youtube :
Résumé :
"Le diesel tue. L'OMS l'a classé cancérigène certain depuis juin dernier. De nombreux médecins, associations et professionnels de l'environnement l'accusent de provoquer des maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Stéphane Manier et Raphaël Rouyer ont mené l'enquête pendant 4 ans, rencontré des victimes, arpenté les couloirs des hôpitaux, enquêté à Paris, Lyon, Le Havre, Nice, Bruxelles et Tokyo. Leurs conclusions sont accablantes. Les constructeurs automobiles sont sur la sellette alors qu'ils sont fragilisés par une crise économique majeure. L'Etat français ne respecte pas les normes européennes et risque une énorme amende dans les années à venir. Et pourtant 80% des voitures neuves vendues aujourd'hui en France sont motorisées au gasoil. Plus de 20 millions de véhicules utilisent ce carburant en France, faisant de notre pays une exception unique au monde. Le diesel va empoisonner nos villes et nos routes pendant encore des dizaines d'années. Enquête sur ce qui pourrait bien devenir le plus grand scandale environnemental de l'histoire de notre pays.
Le diesel, un secret bien gardé qui pourrait entraîner un scandale comme ceux de l'amiante ou du sang contaminé. Il implique des millions de personnes, fait tous les ans des dizaines de milliers de victimes en France, et est au cœur du secteur automobile. Au départ, ce carburant était destiné à «sauver» l'industrie automobile française. Aujourd'hui, il détruit des vies. Des scientifiques, des victimes, des détracteurs et des défenseurs du diesel témoignent sur le sujet. Ce document analyse également pourquoi et comment les autorités françaises n'ont pas alerté l'opinion plus tôt sur ses dangers.
Le diesel n’en finit pas de faire polémique. En France, on sait depuis 1983 que l’exposition aux particules des voitures diesel tue : allergies, maladies respiratoires, troubles cardio-vasculaires… au delà de l’environnement, le diesel est un poison pour la santé publique. Pourtant, la convergence d’intérêt des hommes politiques, des constructeurs automobiles et de certaines professions comme les routiers a contribué à l’essor du diesel en France. Le diesel est une particularité de notre pays, relique d’un passé qu’il faut aujourd’hui dénoncer…
Routiers et hommes politiques : responsables du scandale sanitaire du diesel
A l’origine, le diesel était un carburant réservé à ceux qui roulent beaucoup. C’est un carburant qui coute aussi cher que l’essence à produire mais qui a bénéficié d’un régime fiscal particulier à la destination de certaines professions. Les routiers, gros utilisateurs de ce carburant, sont la principale cause de cette niche fiscale sur le diesel, dont ils bénéficient : ils bloquent le pays à chaque soubresaut des prix du pétrole. Avec les agriculteurs et les taxis, ils représentent une capacité de nuisance et blocage colossale devant laquelle les hommes politiques se sont souvent abaissés. L’intérêt particulier de ces professions a donc souvent primé devant l’intérêt général.
Les constructeurs automobile et le lobby diesel
De leur côté, les constructeurs automobiles ont également largement contribué à faire le jeu du diesel. On peut ainsi ajouter à la liste des contributeurs du scandale français autour du diesel le groupe PSA. Jacques Calvet, PDG du constructeur automobile de 1983 à 1997, a invité François Mitterand à maintenir et développer l’avantage fiscal du diesel. L’intérêt était de créer le marché de l’automobile diesel en France pour y développer un savoir-faire industriel en avance sur la concurrence internationale. Cette « distorsion » du marché intérieur ayant pour seul vision la rente industrielle était à minima un manque de prise de conscience de l’état de la science de l’époque, puisque le danger du diesel était connu depuis 1983. Dominique Voynet, ministre de l’environnement de 1997 à 2001, dénonce ainsi le poids du lobby automobile sur le véhicule diesel, avec M Calvet en tête. Corine Lepage, ministre de l’environnement de 1995 à 1997, dénonce également le poids du lobby diesel dans le démantèlement de la loi sur l’air.
Conséquence : la France dépendante au diesel
Conséquence de cette politique de l’absurde, les voitures diesel représentent 60% des ventes de l’industrie de l’automobile en France (contre 3% des véhicules en 1980). La demande intérieure en diesel est tellement importante que notre pays en importe beaucoup. A l’inverse, nous exportons de l’essence vers les Etats-Unis et le Nord de l’Europe. Une absurdité pour la balance des paiements de la France, déjà rendue déficitaire par l’économie du pétrole.
Les automobilistes : coupables et victimes
Les automobilistes sont eux-mêmes les premières victimes de pollution diesel. Les prises d’air des ventilations des véhicules font qu’ils absorbent en ville des quantités de particules invraisemblables. Il y a une forme d’égalité des français face au drame sanitaire : les enfants assis à l’arrière d’un confortable Audi Q7 diesel respirent autant de particules fines que le conducteur d’une voiture électrique !
Le mythe du filtre à particule
Même l’efficacité du filtre à particules, obligatoire en Europe sur les voitures diesel depuis 2011, semble avoir un effet limité. Le filtre à particule s’encrasse dans le temps et perd en efficacité. Par ailleurs, les molécules se recombinent après la sortie du pot pour former des particules encore plus fines et diffuses.
Le Japon fait payer les coupables et la société se détache du diesel
Au Japon, la société a pris conscience du scandale du diesel. Les coupables sont sur le banc des accusés et l’état a pris des mesures correctives d’urgence pour limiter la consommation de cette pollution dangereuse. Les véhicules diesel sont interdits des grandes villes et les constructeurs automobiles ont dû indemniser les victimes à hauteur de 800 millions d’euros. Plus aucun véhicule diesel ne se vend dans ce pays. En Europe, de nombreux pays ont pris des mesures contraignantes pour les voitures diesel. Ces voitures n’ont même plus le droit de circuler dans les centres de Milan et d’Athènes. La France, avec l’Espagne, reste à la traine.
Comment sortir la France du diesel ?
Les idées sont simples et pragmatiques pour sortir la France du diesel et limiter ses effets sanitaires en ville. Elles ne demandent qu’un minimum de courage politique et d’honnêteté intellectuelle des professions qui se sont rendues dépendantes au diesel. Par exemple :
- interdire les voitures diesel des grands centres urbains, comme au Japon, dont l’industrie automobile était pourtant très impliquée dans ce type de moteur,
- supprimer la niche fiscale du diesel, en alignant sa fiscalité sur celle de l’essence,
- supprimer le bonus/malus écologique !!"
A revoir sur Youtube :
Résumé :
"Le diesel tue. L'OMS l'a classé cancérigène certain depuis juin dernier. De nombreux médecins, associations et professionnels de l'environnement l'accusent de provoquer des maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Stéphane Manier et Raphaël Rouyer ont mené l'enquête pendant 4 ans, rencontré des victimes, arpenté les couloirs des hôpitaux, enquêté à Paris, Lyon, Le Havre, Nice, Bruxelles et Tokyo. Leurs conclusions sont accablantes. Les constructeurs automobiles sont sur la sellette alors qu'ils sont fragilisés par une crise économique majeure. L'Etat français ne respecte pas les normes européennes et risque une énorme amende dans les années à venir. Et pourtant 80% des voitures neuves vendues aujourd'hui en France sont motorisées au gasoil. Plus de 20 millions de véhicules utilisent ce carburant en France, faisant de notre pays une exception unique au monde. Le diesel va empoisonner nos villes et nos routes pendant encore des dizaines d'années. Enquête sur ce qui pourrait bien devenir le plus grand scandale environnemental de l'histoire de notre pays.
Le diesel, un secret bien gardé qui pourrait entraîner un scandale comme ceux de l'amiante ou du sang contaminé. Il implique des millions de personnes, fait tous les ans des dizaines de milliers de victimes en France, et est au cœur du secteur automobile. Au départ, ce carburant était destiné à «sauver» l'industrie automobile française. Aujourd'hui, il détruit des vies. Des scientifiques, des victimes, des détracteurs et des défenseurs du diesel témoignent sur le sujet. Ce document analyse également pourquoi et comment les autorités françaises n'ont pas alerté l'opinion plus tôt sur ses dangers.
Le diesel n’en finit pas de faire polémique. En France, on sait depuis 1983 que l’exposition aux particules des voitures diesel tue : allergies, maladies respiratoires, troubles cardio-vasculaires… au delà de l’environnement, le diesel est un poison pour la santé publique. Pourtant, la convergence d’intérêt des hommes politiques, des constructeurs automobiles et de certaines professions comme les routiers a contribué à l’essor du diesel en France. Le diesel est une particularité de notre pays, relique d’un passé qu’il faut aujourd’hui dénoncer…
Routiers et hommes politiques : responsables du scandale sanitaire du diesel
A l’origine, le diesel était un carburant réservé à ceux qui roulent beaucoup. C’est un carburant qui coute aussi cher que l’essence à produire mais qui a bénéficié d’un régime fiscal particulier à la destination de certaines professions. Les routiers, gros utilisateurs de ce carburant, sont la principale cause de cette niche fiscale sur le diesel, dont ils bénéficient : ils bloquent le pays à chaque soubresaut des prix du pétrole. Avec les agriculteurs et les taxis, ils représentent une capacité de nuisance et blocage colossale devant laquelle les hommes politiques se sont souvent abaissés. L’intérêt particulier de ces professions a donc souvent primé devant l’intérêt général.
Les constructeurs automobile et le lobby diesel
De leur côté, les constructeurs automobiles ont également largement contribué à faire le jeu du diesel. On peut ainsi ajouter à la liste des contributeurs du scandale français autour du diesel le groupe PSA. Jacques Calvet, PDG du constructeur automobile de 1983 à 1997, a invité François Mitterand à maintenir et développer l’avantage fiscal du diesel. L’intérêt était de créer le marché de l’automobile diesel en France pour y développer un savoir-faire industriel en avance sur la concurrence internationale. Cette « distorsion » du marché intérieur ayant pour seul vision la rente industrielle était à minima un manque de prise de conscience de l’état de la science de l’époque, puisque le danger du diesel était connu depuis 1983. Dominique Voynet, ministre de l’environnement de 1997 à 2001, dénonce ainsi le poids du lobby automobile sur le véhicule diesel, avec M Calvet en tête. Corine Lepage, ministre de l’environnement de 1995 à 1997, dénonce également le poids du lobby diesel dans le démantèlement de la loi sur l’air.
Conséquence : la France dépendante au diesel
Conséquence de cette politique de l’absurde, les voitures diesel représentent 60% des ventes de l’industrie de l’automobile en France (contre 3% des véhicules en 1980). La demande intérieure en diesel est tellement importante que notre pays en importe beaucoup. A l’inverse, nous exportons de l’essence vers les Etats-Unis et le Nord de l’Europe. Une absurdité pour la balance des paiements de la France, déjà rendue déficitaire par l’économie du pétrole.
Les automobilistes : coupables et victimes
Les automobilistes sont eux-mêmes les premières victimes de pollution diesel. Les prises d’air des ventilations des véhicules font qu’ils absorbent en ville des quantités de particules invraisemblables. Il y a une forme d’égalité des français face au drame sanitaire : les enfants assis à l’arrière d’un confortable Audi Q7 diesel respirent autant de particules fines que le conducteur d’une voiture électrique !
Le mythe du filtre à particule
Même l’efficacité du filtre à particules, obligatoire en Europe sur les voitures diesel depuis 2011, semble avoir un effet limité. Le filtre à particule s’encrasse dans le temps et perd en efficacité. Par ailleurs, les molécules se recombinent après la sortie du pot pour former des particules encore plus fines et diffuses.
Le Japon fait payer les coupables et la société se détache du diesel
Au Japon, la société a pris conscience du scandale du diesel. Les coupables sont sur le banc des accusés et l’état a pris des mesures correctives d’urgence pour limiter la consommation de cette pollution dangereuse. Les véhicules diesel sont interdits des grandes villes et les constructeurs automobiles ont dû indemniser les victimes à hauteur de 800 millions d’euros. Plus aucun véhicule diesel ne se vend dans ce pays. En Europe, de nombreux pays ont pris des mesures contraignantes pour les voitures diesel. Ces voitures n’ont même plus le droit de circuler dans les centres de Milan et d’Athènes. La France, avec l’Espagne, reste à la traine.
Comment sortir la France du diesel ?
Les idées sont simples et pragmatiques pour sortir la France du diesel et limiter ses effets sanitaires en ville. Elles ne demandent qu’un minimum de courage politique et d’honnêteté intellectuelle des professions qui se sont rendues dépendantes au diesel. Par exemple :
- interdire les voitures diesel des grands centres urbains, comme au Japon, dont l’industrie automobile était pourtant très impliquée dans ce type de moteur,
- supprimer la niche fiscale du diesel, en alignant sa fiscalité sur celle de l’essence,
- supprimer le bonus/malus écologique !!"
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire