Un bel exemple de lobbying pro-Diesel : Le CCFA (Comité des Constructeurs Français Automobiles) veut rétablir "la vérité" sur la nocivité des émissions des véhicules Diesel (sic !)
http://www.autoactu.com/le-ccfa-veut-retablir--la-verite--sur-la-nocivite-des-emissions-des-vehicules-diesel.shtml
Les moteurs Diesel ne sont pas les principaux émetteurs de
particules, celles qu’ils émettent sont moins nocives que celles issues
des combustions dans le secteur résidentiel et la norme Euro5 en
vigueur depuis janvier 2011 les ramène au niveau des véhicules essence,
est venu expliquer Jean-Paul Morin, chercheur à l’Inserm, lors d’une
conférence organisée sur le sujet par le CCFA.
Quelle est la responsabilité des véhicules
Diesel dans l’exposition aux particules fines, responsables d’une
surmortalité (*) ? Marginale dans l’ensemble, nulle sur les véhicules
récents depuis l’entrée en vigueur de la norme Euro 5 en janvier 2011 :
c’est en substance le message que souhaite faire passer le CCFA (Comité
des constructeurs français d’automobiles).
Depuis l’annonce en juin
dernier par l’OMS du classement des gaz d’échappement des moteurs Diesel
en "cancerogènes certains" pour l’homme, le débat sur les dangers du
Diesel fait l’actualité, ce qui agace le président du CCFA.
"Les attaques contre le Diesel sont multiples et incessantes, et on raconte à peu près n’importe quoi", a dit
Patrick Blain en introduction de l’exposé de
Jean-Paul Morin, chercheur à l’Inserm.
"Il
ne faut pas se tromper de combat et remettre les choses à leur place.
Ce débat est méprisant pour ceux qui travaillent, insultant pour la
raison et pour la science. Il faut arrêter de dire et de relayer
n’importe quoi", a-t-il ajouté à l’adresse des journalistes présents dans la salle.
Des particules moins nombreuses
Difficile
pourtant de se faire une opinion sur le sujet tant le débat est
technique. Ainsi, les particules fines qui font l’objet d’une
règlementation et de mesures sont de deux types les PM10 (dont la taille
est inférieure à 10 micromètres) et les PM2,5 (dont la taille est
inférieure à 2,5 micromètres). Il existe également des particules
ultrafines (0,01 et 0,5 micromètres, également suspectées d’impacts
sanitaires graves) mais les techniques actuelles ne permettent pas de
les mesurer.
Dans sa démonstration, Jean-Paul Morin, montre à partir
de relevés effectués en janvier 2009 (à Lyon et à Rouen, dans le cadre
du Programme CARA) que la source principale des PM10 ou PM2,5 n’est pas
le trafic automobile. Selon ces données, la combustion biomasse
(habitat, industrie, tertiaire) est la principale source des émissions
de PM10, avec 32% en moyenne à Rouen et 35% à Lyon ; le trafic en émet
trois fois moins, avec en moyenne 10% (à Rouen) ou 11% (Lyon).
Si ces mesures datent de 2009, elles sont les dernières disponibles et "en matière de particules, on sait que la contribution du parc automobile ne va faire que diminuer avec la norme Euro5", souligne le chercheur.
Il
montre également sur des relevés de PM2,5 effectués (en 2009
et 2010) Porte d’Auteuil à Paris que la "contribution" du trafic routier
local est relativement stable et que les dépassements de seuils
d’alerte (50µg/m3) ont pour origine les particules "importées" qui
viennent parfois de très loin.
"La réduction locale du trafic
par la vitesse n’est clairement pas le levier le plus efficace, ce n’est
plus la cible prioritaire comme dans les années 80, mais ce sont les
émissions issues des secteurs résidentiel, tertiaire et agricole", a souligné Jean-Paul Morin.
Des particules moins dangereuses
Si les
particules issues du trafic routier sont moins nombreuses, elles sont
également moins dangereuses, explique le chercheur : "l’élément
majeur dans la compréhension de la dépollution du Diesel est que depuis
1996, avec la norme Euro 2, l’équipement des véhicules Diesel d’un
catalyseur d’oxydation, a permis de supprimer les hydrocarbures poly
aromatiques qui sont les éléments déclenchant des atteintes à l’ADN qui
débouchent sur des cancers". Or, ajoute-t-il, "ces composés d’
hydrocarbures poly aromatiques (qui sont des hydrocarbures imbrulés)
sont contenus dans toutes les particules émises par toutes combustions". "Les
deux ruptures technologiques qui ont eu lieu dans l’automobile, celle
de 1996 et celle de 2004 et 20011 avec le filtre à particules, n’ont pas
eu lieu sur la combustion biomasse, notamment le chauffage résidentiel,
qui émet des particules équivalentes à celles d’avant 1996 dans
l’automobile en ce qui concerne les hydrocarbures adsorbés", ajoute
le chercheur. En d’autres termes, les particules émises par les
véhicules Diesel contiennent, explique-t-il, moins d’agents pathogènes
que celles émises par le chauffage résidentiel, et elles ont fortement
diminuées depuis les normes Euro 4 et Euro 5. Et pour l’efficacité de la
politique sanitaire, c’est désormais vers les autres secteurs que les
transports que des efforts doivent être faits.
Une décision de l'OMS sur des données obsolètes
Il
a également sévèrement critiqué les conclusions de l’étude qui a servi
de base à la décision de l’OMS classant le Diesel comme cancerogène. "L’étude
a été réalisée en milieu professionnel confiné sur des mineurs
américains avec des relevés entre 1950 et 1980. Il y avait beaucoup
d’hydrocarbures imbrulés à cette époque", a dit Jean-Paul Morin.
"Cette décision de l’OMS qui a le malheur d’exister fait débat dans la
littérature. Un certain nombre d’études montre très clairement que la
toxicologie des années 80 n’est plus de mise", a-t-il ajouté. Sa publication en 2012, serait une "décision politique" sous l'effet de "pressions internationales".
Il
relève parmi les critiques des conclusions de cette étude américaine
qui a servi de base à la décision de l’OMS celle de trois chercheurs
américains qui écrivent "le poids de la preuve est jugée inadéquate pour confirmer l'hypothèse du cancer du poumon par le diesel".Le
principal écueil de cette décision est la mise en avant en 2012 de
conclusions sur des relevés datant d’une époque antérieure à
l’application successives de normes ayant amenées sur les véhicules
fabriqués depuis janvier 2011 "une convergence de la norme sur les émissions moteurs le Diesel au niveau de l’allumage commandé", explique Jean-Paul Morin.
"Quand
bien même le potentiel cancérogène des émissions Diesel antérieures aux
années 80 serait avéré, cette décision ne saurait être applicable aux
émissions des moteurs diesel actuels du fait des progrès accomplis en
matière de dépollution des phases particulaires et gazeuses", a relevé Jean-Paul Morin.
C’est également ce que dit l’Ademe dans un avis rendu en novembre : "les
filtres "fermés" sont généralisés sur les véhicules neufs depuis
janvier 2011. Ils permettent d’éliminer au moins 95 % en masse, et 99,7 %
en nombre, des particules de plus de 23 nm (0,023 micromètres donc 100
fois plus petites que le seuil des PM2.5) émises par les moteurs Diesel y
compris le carbone suie, ce qui les ramène à un niveau équivalent à
celui des moteurs à essence", écrit l’agence. L’Ademe recommande d’ailleurs dans cet avis "d’agir
prioritairement sur le parc roulant de véhicules anciens, en
particulier le parc Diesel non équipé de filtres à particules fermés :
véhicules particuliers et véhicules de livraison ainsi que flottes
captives (taxis, bus…) circulant dans les agglomérations", pour
améliorer rapidement la qualité de l’air dans les zones urbanisées les
plus polluées. Aujourd'hui, le nombre de véhicules Diesel non équipés
en filtres à particules serait de 14,5 millions, soit 76,2% du parc
Diesel en criculation, tandis que 4,5 millions en sont équipés (23,8% du
parc).Florence Lagarde
Note des Cochons Payants :
1/ Mr Morin n'est pas médecin et confond largement l'échelle de temps necessaire au dépistage des cancers c'est à dire plusieures décénies et la durée d'une étude type Inserm, c'est à dire quelques années.
2/ Minimiser le faible impact des particules fines PM2,5 et ultra fines PM0,5 sur la santé est faux, c'est justement ce type de particules qui génèrent des conséquences respiratoires et cardiaques très dangeureuses.
3/ Considérer les études de l'OMS comme "has been" est vraiment démagogique, si les chercheurs de l'OMS étaient incompétents celà se saurait depuis bien longtemps.
4/ Reconnaitre la part de la pollution des moteurs automobiles par rapport aux autres secteurs d'activité est une bonne chose.
5/ Reconnaitre que plus de 75% du parc diesel actuel n'est pas équipé de FAP, c'est vrai ! Inutile de cacher la vérité !!